

Du Château-Vieux médiéval à l’aile Renaissance, découvrez l’histoire du Château de Lourmarin, sa restauration par Robert Laurent-Vibert et ses trésors.
84160, Lourmarin
Sommaire

Face au village de Lourmarin, le château raconte près de mille ans d’histoire. Ses bâtiments témoignent des transformations du territoire, depuis les premières fortifications médiévales jusqu’à la construction de l’aile Renaissance.
Le monument se compose de deux ensembles complémentaires : le Château-Vieux, édifié principalement entre 1475 et 1525, et le Château-Neuf, une aile Renaissance construite à partir de 1526. Leur architecture permet de suivre l’évolution du château, mais aussi celle du village et de ses habitants.
Le massif du Luberon est traversé par la combe de Lourmarin, un passage naturel qui sépare le Petit Luberon du Grand Luberon. Cette voie constitue l’un des principaux axes permettant de franchir le massif.
Dès l’Antiquité, la combe joue un rôle majeur dans les échanges commerciaux et les déplacements militaires. Pour surveiller ce passage stratégique, une première fortification est érigée aux environs de l’an mil, probablement sous la forme d’une tour de guet dominant le village.
Vers le XIIe siècle, cette fonction défensive est reprise par l’un des premiers édifices qui donneront progressivement naissance au Château de Lourmarin actuel.

Le saviez-vous ?
Trois silhouettes se détachent au-dessus des toits de Lourmarin :


En 1348, une épidémie de peste décime une grande partie de la population de Lourmarin. Face à l’insécurité qui règne alors dans les campagnes, les survivants quittent progressivement le village. Lourmarin et son château restent pendant plusieurs décennies presque abandonnés.
Une nouvelle étape commence en 1475 avec l’arrivée du seigneur Foulques d’Agoult, qui entreprend de repeupler le territoire et de reconstruire le château.

En 1475, Foulques d’Agoult fait appel à des familles vaudoises à la recherche d’un territoire où s’installer. Des contrats d’habitation et de travail sont conclus avec 47 chefs de famille, donnant naissance à une période de renouveau pour Lourmarin.
Parallèlement au repeuplement du village, la famille d’Agoult entreprend la reconstruction du château. Entre 1475 et 1525 est édifié l’ensemble aujourd’hui appelé le Château-Vieux.
En 1526, de nouveaux travaux commencent afin d’agrandir la demeure. Le chantier sera toutefois bouleversé par les conflits religieux qui marquent alors l’histoire du Luberon.
En 1540, les populations vaudoises sont visées par l’arrêt de Mérindol, qui ordonne la destruction de leurs villages et la condamnation de plusieurs chefs de famille.
Du 16 au 19 avril 1545, les troupes de Jean Maynier d’Oppède, président du Parlement de Provence, interviennent dans le Luberon. Dix-neuf communes sont détruites, parmi lesquelles Lourmarin.
Attaqué en même temps que le village, le château résiste aux assauts. Les nombreuses meurtrières visibles dans la tour du grand escalier auraient été percées à cette période. Ces traces rappellent combien le monument reste profondément lié aux épisodes les plus douloureux de l’histoire locale.

Depuis la terrasse basse du château, une petite entrée conduit à la cour médiévale. Ce passage permet d’observer le Château-Vieux dans son ensemble et d’admirer les trois niveaux de galeries qui desservent ses différentes salles.
Au niveau inférieur se trouvaient autrefois les espaces de service, notamment la cuisine et la boulangerie. Ces pièces voûtées sont aujourd’hui utilisées comme salles d’exposition. À gauche de la grande tour hexagonale se trouve également la porte de l’ancienne prison.
La tour hexagonale abrite un escalier à vis défensif qui dessert les différents niveaux du château médiéval. Au premier étage, il donne accès à la loggia, autrefois située à proximité des appartements seigneuriaux.
Cette salle ouverte d’inspiration italienne est rythmée par des arcades en anse de panier. Elle permet aujourd’hui d’accéder aux bibliothèques dans lesquelles est conservée une partie des collections de Robert Laurent-Vibert.


En poursuivant l’ascension de l’escalier, le parcours rejoint l’oratoire, vestige de l’ancienne chapelle castrale. Un vitrail y présente les armes de la famille d’Agoult, devenues par la suite celles de Lourmarin.
Le portrait de François Ier rappelle le passage du roi à Lourmarin en 1537. Son règne est étroitement associé à la diffusion en France des formes architecturales découvertes en Italie, qui influenceront la construction de la nouvelle aile du château.

L’histoire du Château de Lourmarin est indissociable de celle du village. Guerres, changements de propriétaires, périodes d’abandon et campagnes de restauration ont laissé de nombreuses traces dans son architecture.

Après la découverte du Château-Vieux, l’histoire se poursuit avec la construction du Château-Neuf. Cette aile Renaissance, reliée au bâtiment médiéval par une grande tour carrée, donne au monument son caractère architectural unique.
Par ses volumes, ses décors et son remarquable escalier, elle contribue à faire du Château de Lourmarin le premier château Renaissance construit en Provence.
En 1537, alors qu’il revient d’Italie, François Ier fait halte au Château de Lourmarin. À cette époque, les idées et les formes artistiques de la Renaissance italienne se diffusent progressivement en France.
Après ce passage, Blanche de Lévis-Ventadour, propriétaire du domaine, poursuit l’agrandissement du château en ajoutant une nouvelle aile reliée au Château-Vieux. Cet ensemble prendra le nom de Château-Neuf.
Les travaux cessent vers 1560, dans un contexte d’insécurité provoqué par les guerres de Religion.
À la fin du XVIe siècle, le château appartient à la famille de Lesdiguières, également propriétaire du Château de La Tour-d’Aigues. Plusieurs familles se succèdent ensuite à la tête du domaine.
À partir de 1801, le château passe entre les mains de différents propriétaires qui s’en désintéressent progressivement. Faute d’entretien, une partie du monument s’effondre au début du XXe siècle.


En 1920, l’industriel lyonnais Robert Laurent-Vibert découvre Lourmarin et tombe sous le charme du village et de son château alors très endommagé. Il décide d’acheter le monument et entreprend sa restauration avec l’aide de plusieurs proches.
Homme de lettres et amateur d’art, il souhaite transformer le château en une véritable « Villa Médicis en Provence », ouverte à la création et aux échanges culturels.
Mort dans un accident de voiture en 1925, il lègue le château et ses collections à l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles-Lettres d’Aix. La Fondation de Lourmarin Laurent-Vibert est créée quelques années plus tard afin d’accueillir de jeunes artistes, peintres, sculpteurs, musiciens et écrivains.
Les volumes imposants du Château-Neuf sont répartis sur trois niveaux, desservis par un remarquable escalier à vis. Au rez-de-chaussée se trouvent notamment l’ancienne cuisine et la salle de concert.
Cette dernière servait autrefois de salle à manger puis, pendant les guerres de Religion, de salle des gardes. Elle accueille aujourd’hui des concerts, des conférences et différents événements culturels.
Zoom sur le grand escalier
L’escalier à double torsade centrale est considéré comme l’un des plus beaux escaliers à vis du sud de la France. Il comprend 93 marches monolithiques, chacune étant taillée dans une seule dalle de pierre.
Chaque dalle constitue à la fois la marche et une partie de la torsade centrale, tout en s’encastrant dans le mur de la tour. Une corniche ornée d’une frise sculptée composée de 316 motifs différents accompagne l’ascension.
Source : Château de Lourmarin, Fondation de Lourmarin Laurent-Vibert.


Au premier étage se trouve la chambre d’honneur dite « des dames », reconstituée dans l’esprit d’une chambre du XVIIIe siècle et agrémentée de plusieurs éléments décoratifs provençaux.
Le parcours se poursuit dans la Sallestre, ou « salle à être », qui constituait autrefois la grande salle de réception. Sa porte d’entrée est la seule porte d’origine encore conservée dans le château.

La visite permet également de découvrir la seconde chambre d’honneur, dite « des hommes », ainsi que la salle de musique. Les décors peints du plafond et de la cheminée, de style Art déco, ont été réalisés en 1932 par le peintre Louis Riou.
Le salon Laurent-Vibert clôt le parcours. Cet espace accueille aujourd’hui des expositions temporaires constituées à partir des collections du fonds Robert Laurent-Vibert.


Au fil du parcours, prenez le temps d’observer les décors, les éléments sculptés et les traces laissées par les différentes époques de construction du château.
Le grand escalier : poursuivez l’ascension jusqu’à sa voûte terminale afin d’apprécier pleinement l’architecture de la tour et la remarquable structure de ses marches monolithiques.
Depuis la terrasse : profitez de la vue sur Lourmarin et repérez les trois clochers qui dominent les toits du village. À proximité, le bassin entouré de rosiers et peuplé de carpes koï offre une dernière halte paisible avant de poursuivre votre découverte.
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