
Dès l’entrée dans la cathédrale, le regard est immédiatement attiré par la richesse décorative de la chapelle Saint Véran. Sculptures, dorures et détails baroques contrastent avec la sobriété du reste de l’édifice, créant un véritable effet de surprise.
À l’origine dédiée à Saint Martin, elle fut transformée lorsque les reliques de Saint Véran, premier évêque de Cavaillon, y furent installées. La chapelle est alors entièrement repensée et devient l’un des ensembles baroques majeurs de la ville.
Le retable en bois doré réalisé par Barthélemy Grangrier (1650) encadre une toile de Pierre Mignard (1657) représentant le célèbre miracle de Saint Véran face à la Coulobre, créature légendaire associée au territoire cavaillonnais.



Sur la voûte, observez les symboles sculptés : mitre, crosse et allégories des vertus de Saint Véran. Un tétragramme hébreu y est également représenté, rappelant l’ancrage spirituel de l’époque.
À observer : la profusion de dorures et le travail des sculpteurs du Comtat Venaissin, rare exemple baroque aussi expressif dans le Luberon.
Depuis le Moyen Âge, l’eau structure le développement de Cavaillon. Canaux, ouvrages hydrauliques et usages agricoles témoignent d’un savoir-faire ancien, encore visible aujourd’hui, qui a profondément marqué l’organisation du territoire et la vie locale.
Au XIIème siècle, l’évêque de Cavaillon décide de construire près d’une chapelle au nom de Saint-Julien, un moulin à blé qui portera son nom. Pour le faire fonctionner il a bien sûr besoin d’eau. C’est pourquoi il demande l’autorisation, au Comte de Toulouse, de dériver les eaux de la Durance. 1171 : le canal Saint-Julien est né ! Il est alors le plus canal de Provence !
Les premiers arrosages ont lieu au XIIIème. Puisque les moulins sont alimentés par les eaux de la Durance via un canal, les cavaillonnais souhaitent faire de même pour irriguer leurs terres. L’évêque de Cavaillon autorise alors aux habitants l’utilisation des eaux du canal pour irriguer la plaine agricole.
Au XVIème siècle, avec l’essor de la production agricole, l’alimentation en eau devient précaire. Il devient urgent de réaménager le canal ; notamment en le raccordant plus en amont aux abords de Mérindol. Mais, pour se faire, il faut une autorisation… royale ! Fort heureusement, en 1537, François Ier, qui revient d’Italie, passe en Provence. Il donne alors l’autorisation de capter les eaux de la Durance plus en amont.
Les premiers arrosages ont lieu au XIIIème. Puisque les moulins sont alimentés par les eaux de la Durance via un canal, les cavaillonnais souhaitent faire de même pour irriguer leurs terres. L’évêque de Cavaillon autorise alors aux habitants l’utilisation des eaux du canal pour irriguer la plaine agricole.
Au XVIème siècle, avec l’essor de la production agricole, l’alimentation en eau devient précaire. Il devient urgent de réaménager le canal ; notamment en le raccordant plus en amont aux abords de Mérindol. Mais, pour se faire, il faut une autorisation… royale ! Fort heureusement, en 1537, François Ier, qui revient d’Italie, passe en Provence. Il donne alors l’autorisation de capter les eaux de la Durance plus en amont.

Plan général des arrosages du quartier du Grès, XVIIe s., Archives nationales.

Après deux siècles de lutte, les agriculteurs propriétaires, les utilisateurs du canal et de la mairie de Cavaillon, en appellent à la préfecture de Vaucluse. Ce dernier met en place un syndicat forcé par arrêté préfectoral le 30 juillet 1818, c’est ce syndicat qui est en charge du canal.
Depuis le Moyen-âge, le Canal Saint-Julien contribue au développement de la culture de fruits et légumes, notamment le célèbre melon de Cavaillon. Cette riche plaine agricole s’étend aujourd’hui sur plus de 6 000 hectares.
Ouvrage d’art hydraulique
En 1538, le baron Jean Maynier d’Oppède obtient la concession des eaux du moulin de Saint-Julien pour irriguer son domaine du Rouret. Il faut alors concevoir un ouvrage capable de franchir le Coulon : ce sera la remarquable Canau, classée Monument historique.
Formée de deux arches en pierre, sa structure permettait de soutenir un aqueduc en bois étanche, suspendu par des crochets métalliques. En cas de crue, seul l’ouvrage en bois était emporté, tandis que les arches restaient intactes.
Aujourd’hui, le canal Saint-Julien s’étend sur près de 200 km et traverse plusieurs communes du territoire, témoignant d’un savoir-faire hydraulique exceptionnel.

Ville de plaine, Cavaillon entretient un lien étroit avec l’agriculture. Le melon de Cavaillon, emblème du territoire, illustre cette relation durable entre savoir-faire agricole, terroir et identité locale, qui a contribué à la renommée de la ville bien au-delà du Luberon.
1864, la bibliothèque municipale de Cavaillon apparaît. Toute jeune, et bien vide de livres. Le bibliothécaire, Antoine Zacharie Seguin, a alors une idée : pourquoi ne pas demander aux auteurs un don de leurs plus fameux récits ?
C’est ainsi que des romanciers, des poètes, des félibres, tels que Victor Hugo, William Bonaparte-Wyse, Théodore Aubanel, mais aussi Alexandre Dumas, reçoivent cette lettre. Si le don demandé faisait état de 3 ou 4 ouvrages, Alexandre Dumas lui, voit les choses en grand : c’est un exemplaire de chacune de ses œuvres qu’il est prêt à offrir à la ville ! Mais en échange d’une petite contrepartie…
Voici sa réponse : « Si la ville et les autorités de Cavaillon estiment mes livres, j’aime fort leurs melons ; et je désire qu’en échange de mes trois ou quatre cents volumes, il me soit constitué par arrêté municipal, une rente viagère de douze melons par an. Les frais d’envoi bien entendu demeurant à ma charge ». Le 13 novembre 1864, le conseil municipal votera à l’unanimité ce décret !
L’histoire aurait pu rester dans les seules annales cavaillonnaises, mais les lettres sont publiées dans Le Petit Journal (tiré alors à Paris à près de 150 000 exemplaires). Les dons d’ouvrages vont alors affluer vers la bibliothèque de Cavaillon.
Alexandre Dumas devient alors un émissaire de renom ! Pour la bibliothèque municipale d’abord, puisqu’elle comptera 876 volumes à la fin de l’année 1864, et le double l’année suivante. Pour le fameux Melon de Cavaillon également ! S’il pouvait s’enorgueillir d’une réputation de grand écrivain de son temps, il pourra en faire de même concernant sa rente de 12 melons par an.
Il n’oubliera pas cette amitié culinaire avec la ville, dans le Grand Dictionnaire de Cuisine qu’il a écrit, il dit :
« Je n'ai qu'un désir à émettre, c'est que mes livres aient toujours pour les Cavaillonnais le même charme que leurs melons ont pour moi. C'est à la fois une occasion qui se présente d'exprimer à mes bons amis de Cavaillon toute ma reconnaissance, et de désigner à toute l'Europe leurs melons comme les meilleurs que je connaisse. »
Entre zones agricoles, canaux et espaces naturels, la plaine de Cavaillon abrite une biodiversité riche et fragile. Cette diversité paysagère participe à l’équilibre écologique du territoire et offre un cadre naturel précieux aux portes de la ville.

En suivant la Durance pour remonter vers la Colline Saint-Jacques et rejoindre le cours d’eau du Coulon.
La Durance, rivière dite "capricieuse", autrefois redoutée pour ses crues, est pourtant le plus grand torrent d’Europe. C’est la mère nourricière de toute la Provence. Cette rivière en lacets est un vrai corridor biologique.
Les eaux courantes abritent plusieurs centaines d’espèces d’invertébrés et de poissons. Les bras morts de la rivière et les forêts riveraines accueillent également de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques et de mammifères, aux portes mêmes de la ville de Cavaillon.

La colline Saint-Jacques c’est l’unique relief calcaire de la plaine de Cavaillon, elle est un morceau du Petit Luberon isolé de celui-ci. Sa flore et habitats naturels bénéficient d’un climat méditerranéen chaud et sec, son massif est recouvert de taillis à chêne vert, pinède de pin d’Alep dans les vallons abrités, garrigues à chêne kermès, et romarins ailleurs.
Parmi les plantes que l'on peut trouver dans la garrigue de la colline St Jacques, il y a celle qui inspira l'architecture depuis l'antiquité : l'acanthe
Plusieurs espèces d’oiseaux y nichent, le Hiboux Grand-duc, et le Monticole bleu. Le Lézard ocellé fréquente aussi les garrigues ouvertes et rocailleuses de ce site. Toutes sortes d’insectes.

Le Coulon, aussi appelé Calavon, est une rivière de type torrentielle dans le Parc naturel Régional du Luberon. Elle prend sa source au village de Banon, sur les contreforts du Plateau d’Albion dans les Alpes de Haute Provence en passant dans les extraordinaires Gorges d’Oppedette, puis poursuit son cours en traversant notamment Apt et Cavaillon, avant de se jeter 86 km plus bas dans la Durance.
On note par ailleurs la présence de 46 espèces animales patrimoniales, dont 9 déterminantes. Parmi celles-ci : plusieurs mammifères comme les chauve-souris ou le castor d’Europe, des oiseaux tels que la chouette chevêche, le cincle plongeur, le Circaète Jean-le-Blanc, mais aussi des insectes terrestres et aquatiques (papillons, libellules) ainsi que différentes espèces de poissons.
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